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9 janvier 2017 : Inquiétants discours à Banja Luka


Le mercredi 18 janvier 2017 à 11:23 #24513

9 janvier 2017 : Inquiétants discours à Banja Luka

Ivar
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Cette date du 9 janvier marque le début de la "République serbe" lancée par Karadzic et Mladic, en prélude à l'offensive générale des forces serbes début avril 1992 pour s'emparer des territoires convoités en Bosnie-Herzégovine, selon l'accord de partage entre Milosevic et Tudjmann à Karadjordjevo en mars 1991.
Les Tribunaux internationaux ont reconnu et condamné cette "entreprise criminelle commune" qui s'est traduite par une succession de massacres, qui ont culminé avec le génocide de Srebrenica de juillet 1995.
C'est sur la base de cette reconnaissance, que le Tribunal constitutionnel de Bosnie-Herzégovine s'est prononcé contre la célébration de cette date, qui a fait l'objet d'un Référendum en "République serbe" en octobre dernier.
La confirmation de cette date est aussi la confirmation de la continuité d'un même projet criminel, c'est-à-dire de provoquer une sécession de la RS (49% du territoire de la Bosnie-Herzégovine) pour la rattacher à la Serbie.
Les bosniaques, et surtout ceux qui vivent sur des territoires donnés à la "République serbe" par Dayton, sont à juste raison très inquiets.
En effet, les discours prononcés tant par Milorad Dodik (président de la RS), que par Tomislave Nikolic (président de la Serbie) confirment la continuité du projet de Grande Serbie, avec sécession de la RS et son rattachement à la Serbie.
Ce projet (prévu selon certaines sources pour 2018) a reçu la bénédiction du Patriarche de l’église orthodoxe, Ivinej, qui a osé affirmer que la "République serbe était une œuvre de Dieu". Comment un prélat peut-il s'abaisser à une telle déclaration ? C'est à l'inverse des paroles de paix et d'amour de Jesus.
On sait aussi que la Russie de Poutine soutient également ce projet de sécession de la RS et entreprend déjà des exercices militaires communs avec la Serbie et certaines unités de police de RS.
Habilement, le 1er ministre serbe Alexandar Vucic s'est abstenu de venir à la Cérémonie du 9 janvier à Banja Luka. Cela lui permettra de jouer le médiateur par rapport à l'Union européenne.
Dans tous les discours prononcés le 9 janvier, il n'y a pas eu un mot d'excuse envers les victimes du "nettoyage ethnique" et génocide. Au contraire, ce sont les serbes qui sont, dans une hallucinante inversion, présentés comme victimes.
Ceci constitue une preuve de plus de la toute-puissance de la propagande, qui n'est pas seulement destinée à effacer de la mémoire les crimes du passé, mais surtout de préparer les crimes futurs, au nom de la Sainte République serbe et de son Patron Saint-Stéphane.
On sait où peuvent mener ces délires mystiques.
Évidemment, il faut aussi faire taire les voix dissidentes : Mladen Ivanovic, l'un des rares journalistes en RS qui osait s'exprimer publiquement, a été obligé de fuir la "République serbe" en novembre 2016 après avoir reçu des menaces de mort.
On peut maintenant constater (ce que nous avions d'ailleurs toujours dit depuis les Accords de Dayton) que les nombreuses concessions faites par les négociateurs internationaux (tous membres du Cercle de Bilderberg et/ou de la Commission trilatérale) aux nationalistes serbes, n'ont servi à rien.
Ils ont voulu oublier ce qui s'est passé avec les concessions faites à Hitler à Munich en 1939, sous le prétexte que ces concessions allait maintenir la paix.
Nous sommes maintenant face à un risque de guerre bien réel, car les nationalistes serbes, après une période de profil bas, sentent bien qu'ils peuvent de nouveau aller de l'avant. Ils savent que Trump (étant profondément anti-musulman) n'est pas et ne sera pas du côté des bosniaques. Ils savent aussi que 'Union européenne n'a aucune politique commune et certains dirigeants et diplomates sont prêts à sacrifier une fois de plus les bosniaques, notamment de Srebrenica.
D'ailleurs, les dirigeants occidentaux (la Russie était hors course en 1992-95) ont largement préparé le terrain en faveur des nationalistes serbes. Outre leur complicité avec Milosevic en imposant un embargo sur les armes à la "République de Bosnie-Herzégovine", ils ont aussi imposé la thèse de "guerre civile", ceci malgré toutes les preuves qu'ils détiennent sur l'agression menée par la Serbie (ce qui permet aujourd'hui aux nationalistes serbes de se présenter eux comme victimes).
Les négociateurs de Dayton ont complété cette mascarade en accordant le terme de "République" à ce qui ne devait être qu'une "entité" et cela permet ainsi à Dodik et son clan de prétendre qu'ils sont à la tête d'un Etat indépendant.
Il est encore juste temps d'éviter le pire. Malgré la répression des opposants en RS, il y a néanmoins en RS un certain nombre de serbes et bosno-serbes qui ne veulent pas de la guerre dont laquelle ils risquent d'être entrainés.
Le mardi 07 février 2017 à 12:29 #24518

9 janvier 2017 : Inquiétants discours à Banja Luka

Ivar
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Le "Courrier international" a publié un article du journal "Vreme" écrit par le journaliste serbe Dejan Anastasijevic, sous le titre évocateur : Le rendez-vous des vautours. Parution 10 janvier 2017.
L'article donne des informations sur cette inquiétante journée du 9 janvier 2017 à Banja Luka.
Étaient présents tout le gratin nationaliste serbe : Outre Milorad Dodik et ses ministres, il y avait le président de la Serbie, Tomislav Nikolic, ainsi que Vuk Jeremic (candidat à la présidence). Le prince Alesandar Karadjordjevic et la princesse Katarina étaient là aussi.
Emir Kusturica a déclaré : "Au cours des deux derniers siècles, ce sont les Serbes qui ont enduré le pire. C'est le seul peuple pour qui la liberté n'a pas de prix. J'aimerais avoir une petite bombe atomique pour mettre fin aux racontars qui font passer ce peuple martyr pour criminel"...
Il exprime ainsi la volonté des nationalistes serbes d'éradiquer jusqu'au dernier si possible tous les Bosniaques qui ont été témoins des exactions des forces serbes.
Pour eux, Karadzic et Mladic sont des héros qui ont montré la voie à suivre. Dans leurs discours, y compris celui du patriarche de l'église orthodoxe serbe Irinej, pas un mot de reconnaissance et regret pour les victimes des massacres commis par les forces serbes, ce qui signifie qu'ils sont prêts à recommencer sans état d'âme.
Tout ceci est très inquiétant. Ceci d'autant plus que les diplomates occidentaux, si prompts à condamner le terrorisme islamique, se taisent. Ils laissent faire, jusqu'au jour où il sera trop tard pour réagir sans un risque majeur de confrontation avec la Russie de Poutine, qui soutient le projet de sécession de la République serbe, en sachant très bien que cela entrainerait une guerre qui toucherait tout notre continent.

Ce qui est inquiétant aussi, c'est la passivité d'une grande majorité des Bosniaques, qui tardent à réagir, alors que c'est maintenant qu'il faut faire face. Demain ce sera trop tard. Ils ne sont pas conscients qu'en donnant aux nationalistes Serbes un signal de faiblesse (ne pas s'opposer à la sécession) ils risquent plus tard d'être condamnés comme collaborateurs avec l'agresseur.
En effet, la lutte non-violente est exigeante. Elle n'est pas passivité ou laisser-faire, mais au contraire prise de position ferme en préventive, afin d'éviter une nouvelle guerre. Après toutes les concessions qui ont été faites par les puissances occidentales durant les négociations dites de paix (dont l'aboutissement a été le désastreux Accord de Dayton), il n'y a plus aucune concession à faire.
Donner des territoires (comme ceux de Srebrenica et d'autres régions,pris par la terreur et le génocide) à une hypothétique "grande Serbie", est inacceptable. Ce serait aussi abandonner une fois de plus les survivants du génocide de Srebrenica qui sont courageusement retournés sur leurs terres.
Ce serait aussi abandonner ceux et celles qui oeuvrent pour construire un avenir commun entre tous les citoyens de Bosnie & Herzégovine et de l'ex-Yougoslavie. N'oublions pas non plus les courageuses "Femmes en noir" de Belgrade et les autres opposants au nationalisme serbe.
Un avenir en commun, c'est aussi lutter ensemble (comme les Partisans)contre le pouvoir des politiciens qui profitent des divisions pour s'enrichir. Et reconstruire une force économique aux mains des travailleurs, à l'exemple de Dita de Tuzla et des autres entreprises autogérées dans les Balkans.
Le jeudi 23 mars 2017 à 13:03 #24546

9 janvier 2017 : Inquiétants discours à Banja Luka

Ivar
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La réelle menace représentée par le risque de référendum pour la sécession de la "République serbe", prévu pour 2018, c'est-à-dire dans un contexte international favorable avec la montée des courants islamophobes en Europe et aux USA, est à prendre au sérieux.
Au lieu de cela, à l'exception notable du "Courrier international" qui traduit des articles directement issus de la région (notamment écrit par un journaliste serbe), les médias de nos pays se focalisent exclusivement sur le danger islamiste. Nos propositions d'articles sur d'autres sujets sont systématiquement repoussés. C'était notamment le cas de l'Hebdo (journal de Suisse francophone qui vient de disparaître)...
Le danger des partisans de la Grande Serbie (fanatiques orthodoxes et staliniens) qui ont causé la mort de plus de 100'000 personnes en Europe (la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo et la Croatie en font partie), est occultée. Pourquoi cette différence de traitement ?
Bien sûr, les officines gouvernementales ont imposé aux médias et à l'opinion publique la thèse de "guerre civile" concernant le conflit de 1992-1995. Mais cela ne devrait pas empêcher les rédactions de jouer un rôle critique et de contrepoids, ce qui serait bénéfique pour la société civile et très concrètement pour les citoyens serbes qui continuent courageusement de lutter pour que l'agression et le génocide perpétrés par le régime de Milosevic et ses sbires soit reconnu.
Isoler et mépriser les éléments les plus conscients de la société serbe sous le prétexte qu'ils ne sont qu'une petite minorité, constitue une grave erreur de la part des gouvernants et médias occidentaux. C'est faire le jeu des propagandistes russes et serbes qui veulent précisément éviter que la Serbie entre dans l'Union européenne. Certes celle-ci doit être réformée et démocratisée d'urgence, mais elle représente néanmoins un espoir.
Focaliser uniquement sur le danger islamique contribue à faire grandir les courants islamophobes qui manipulent les peurs pour imposer à terme de nouvelles formes de fascisme, qui risquent de faire échec au processus d'intégration et de rapprochement entre les peuples.
Les dirigeants de la "République serbe" se réjouissent que leur vision fascisante de séparation entre les peuples est de plus en plus reprise en Europe. C'est aux mouvements citoyens de lutter contre cette dérive et de promouvoir le vivre ensemble sous la forme de Confédéralisme démocratique.
Le lundi 24 avril 2017 à 18:34 #24555

9 janvier 2017 : Inquiétants discours à Banja Luka

Ivar
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Je constate qu'une fois de plus, les Bosniaques, les premiers concernés, ne s'expriment pas a ce sujet pourtant vital pour leur pays. C'est maintenant qu'il faut prendre position et mettre en garde leurs compatriotes qui sont prêts a abandonner les survivants du génocide qui vivent maintenant sous l'autorité de la République serbe, comme c'est le cas dans la région de Srebrenica.
Il ne faut pas oublier que c'est a cause de la complicité des grandes puissances que les territoires conquis par la terreur et le génocide sous l'idéologie fasciste de "nettoyage ethnique", ont été donnés a la République serbe.
Sur les 49 % du territoire de la RS, il n'y a a peine le 25% qui avait une majorité de population serbe.
Si nous voulons bâtir l'Europe de demain, il est impératif de s'opposer a la résurgence du fascisme et proposer des solutions federalistas, a l'exemple de la Suisse.
Il est urgent que les Bosniaques de la diaspora sortent de leur isolement et mènent un travail d'explication auprès des représentants politiques et des medias.
En effet, ceux-ci ne veulent voir que le danger islamique et veulent ignorer la menace représentée par les extrémistes serbes et l'eglise orthodoxe.
Il y a dans cette ignorance, non seulement l'influence de la propagande serbo-russe, mais aussi celle exercée par des responsables politiques comme Mitterand. Celui-ci n'etait socialiste qu'en apparence. En fait, il est resté profondément fasciste de sa période de collaboration avec le Maréchal Pétain. Il ne pouvait pas ignorer que la Serbie de Nedic (1942-45) n'etait pas du tout résistante, mais a collaboré avec les nazis, etant même le premier pays a avoir exterminé quasi tous les juifs de Serbie dans des camps vers Belgrade.
Mitterand ne pouvait ignorer l'idéologie fasciste qui sevissait en Serbie et qui s'est réveillée en 1991.
Mais pour soutenir ses amis fascistes serbes, Mitterand a fait croire que seuls la Croatie des oustachis était fasciste, alors que la majorité des Partisans de Tito étaient croates.
Il a évidemment aussi cacher que la resistance etait basee en Bosnie-Herzégovine et non pas en Serbie, meme si de nombreux serbes de Bosnie, pourchasses par les oustachis, ont rejoint Tito.
Le mardi 06 juin 2017 à 18:01 #24573

9 janvier 2017 : Inquiétants discours à Banja Luka

Ivar
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Petit à petit il y a une prise de conscience du danger représenté par une sécession de la "République serbe". Mais ce processus est lent alors qu'il ne reste probablement qu'une année avant que la menace se précise.
Et à un certain moment, il sera trop tard pour les citoyens européens d'agir préventivement de façon non-violente.
Le problème sera alors traité au niveau des gouvernements ou de l'ONU avec le risque de mauvaises solutions (comme Dayton)ou même d'affrontements militaires vu l'implication de part et d'autre de la Russie et de l'Otan.
Nos gouvernements et nos médias étant essentiellement focalisés sur le danger islamique, peu d'attention est portée sur la menace représentée par les ultras serbes orthodoxes qui n'attendent que le moment propice pour repasser à l'offensive et poursuivre les plans de Karadzic et Mladic.
Ils savent que l'Union Européenne est divisée au sujet de la Bosnie-Herzégovine. Beaucoup de concessions ont déjà été accordées aux ultras serbes afin qu'ils ne basculent dans le camp de Moscou. Mais cette stratégie a échoué. Les dirigeants de la RS s'appuient sur Poutine et celui-ci soutient ouvertement la sécession de la "République serbe" non seulement au niveau diplomatique, mais demain aussi au niveau militaire : des avions Migs, tanks et autre matériel sont livrés à la Serbie et il y a des exercices militaires communs.
Ces exercices ont pour prétexte la lutte anti-terroriste islamique. Mais déjà en avril 1992, ce prétexte était utilisé pour s'emparer de territoires de la "République de Bosnie-Herzégovine" et procéder au "nettoyage ethnique", c'est à dire l'élimination des non-serbes.
A terme, on peut donc craindre le pire. En effet, l'appareil de propagande des ultras nationalistes serbes n'a pas été démantelé après les Accords de Dayton. Il fonctionne à fond en "République serbe" et en Serbie, et aussi dans nos pays avec l'appui des services russes, qui sont passés maîtres dans la manipulation.
Ils se servent également du discrédit qui a suivi les mensonges de Bush pour attaquer l'Irak.
Il est d'ailleurs probable que Trump resterait "neutre" en cas de problème dans les Balkans, sous le prétexte que c'est un problème européen.
C'est donc aux citoyens de nos pays d'agir alors qu'il est encore temps. Par la "Marche pour la paix", il est possible comme premier pas de voir et évaluer la situation sur place.
La "Marche pour la paix" constitue de fait une démarche qui va dans le sens du vivre ensemble et donc du respect des différentes cultures. Face au risque de division, d'exclusion et de guerre, la "Marche pour la paix" constitue un appel pour une réhabilitation de la "République de Bosnie-Herzégovine" sur une base citoyenne, réellement démocratique et fédéraliste.
Le mardi 06 juin 2017 à 21:16 #24574

9 janvier 2017 : Inquiétants discours à Banja Luka

bruno
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" La République serbe de Bosnie ne parlera plus de Sarajevo ni de Srebrenica aux élèves "

dixit Dodik aujourd'hui. C'est quasiment tous les jours qu'on reçoit ce genre de claques : on ne s'y habitue pas. Remarquez bien qu'il n'y a rien de nouveau dans ce qu'il annonce, les livres d'histoire de RS sont imprimés à Belgrade ! Non, la brutalité de ces nouvelles tient surtout dans l'impunité de leur auteur, dans l'air narquois et sur de lui qu'il prends à la télé.

Tu as raison, Ivar, on va droit vers un clash. Qu'elle sera l'étincelle ? Il est à craindre que ces imbéciles de Daesh ne viennent brouiller les cartes en permettant ainsi à nos voisins de sortir de leurs casernes ...
Tout semble possible.
Le jeudi 08 juin 2017 à 11:43 #24575

9 janvier 2017 : Inquiétants discours à Banja Luka

Ivar
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Effectivement, que ce soit les fous de Daech ou alors une action mise sur leur compte, cela donnerait le prétexte pour déclencher une action des troupes spéciales de la RS, qui dans un premier temps aurait l'approbation des chancelleries occidentales, sous le prétexte de la lutte anti-terroriste.
On peut déjà le prévoir : la quasi totalité de ceux qui seront alors visés n'ont rien à voir avec le terrorisme islamique, mais sont simplement des partisans du vivre ensemble et par conséquent opposés à la sécession de la RS.
A la moindre riposte, il est à craindre que nos médias ressortent encore une fois le mythe d'un conflit inter-ethnique, alors qu'il s'agirait en fait que de la poursuite du plan des ultra-nationalistes serbes (avec Karadzic et Mladic) pour s'emparer définitivement de la moitié de la Bosnie-Herzégovine.
Par le biais d'une telle manipulation ou celui de la tenue d'un Référendum pour la sécession de la "République serbe" (qui serait forcément gagnant vu l'endoctrinement de la population de RS par la propagande du pouvoir), il est probable que les nationalistes croates revendiquent à leur tour une sécession.
L'Union européenne, déjà divisée au sujet du futur de la Bosnie-Herzégovine (certains de ses membres ayant été complices avec Milosevic) sera probablement incapable de prendre une position commune; ce qui donnera aussi le prétexte à Trump pour rester "neutre"...
Il faut donc espérer qu'il y aura une résistance assez forte de la population bosniaque et d'une partie des serbes et des croates contre les forces destructrices, pour enfin relancer le projet de réhabilitation d'une République de Bosnie-Herzégovine plurielle et fédéraliste, cette fois-ci sur une base citoyenne. Mais cela dépendra aussi beaucoup du soutien de la société civile en Europe.
A défaut d'un tel soutien et issue positive, il est craindre que la Serbie (actuellement partagée entre les options est et ouest) ne bascule dans le camp russe orthodoxe et que le conflit dégénère en un affrontement entre la Russie (qui soutient la sécession de la RS) et l'Otan.
Est-ce que les citoyens européens prendront conscience à temps des enjeux ?
Demain, il sera trop tard.
Le mardi 13 juin 2017 à 17:32 #24576

9 janvier 2017 : Inquiétants discours à Banja Luka

Ivar
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Pour l'instant, nos médias en Suisse et en France restent silencieux sur ce sujet, qui est pourtant source d'inquiétude dans quelques milieux. On peut par exemple évoquer le message adressé par Jean-Claude Juncker (président de la Commission européenne) à Donald Trump, en l'exhortant de ne pas encourager d'autres "Brexit" qui pourraient mener à une nouvelle guerre dans les Balkans.
J.Cl. Juncker évoque la fin de la Yougoslavie en disant que "la "République serbe" de Bosnie faisait partie de l'ex-Yougoslavie". C'est inexact pour deux raisons :
- La dite "République serbe" n'existe que depuis janvier 1992 dans l'illégalité jusqu'à sa ratification officielle par les Accords de Dayton fin 1995 en tant qu'entité (et non en tant qu'Etat).
- C'est la République de Bosnie-Herzégovine qui était l'une des 6 républiques constitutives de la Yougoslavie.

Soit il s'agit d'une confusion au niveau de la traduction ou soit c'est Jean-Claude Juncker qui se trompe. Cette approximation en haut-lieu est quand même un signe inquiétant !

Un expert de l'UE, James Lyon, reconnaît que "l'Accord de Dayton est sur le point d'être rompu et qu'une nouvelle guerre serait un désastre pour l'Europe".
Mais que fera l'UE en cas que les dirigeants de la "République serbe", forts de l'appui de Moscou, lancent un Référendum de sécession ?
Des protestations seront alors bien insuffisantes. Et l'UE avec Valentin Inzko aura laissé faire tout l'endoctrinement de la nouvelle génération de RS au travers d'un enseignement idéologique.
Le mercredi 10 janvier 2018 à 19:45 #24658

9 janvier 2017 : Inquiétants discours à Banja Luka

Ivar
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Pour ce 2ème anniversaire de la République serbe, le 9 janvier 2018, il semble qu'il n'y a pas eu de grandes déclarations pour la sécession de la République serbe, ce qui est rassurant, en tout cas pour cette année 2018.
Cette modération tient sans doute à la position du gouvernement de Serbie, qui vise pour le moment une adhésion à l'Union européenne. Un certain nombre de membres du gouvernement de Serbie étaient bien présents à Banja Luka, dont le vice-Premier ministre Nabojsa Stefanovic, qui a déclaré que "la Serbie respecte l'intégrité territoriale des pays voisins, tout enaimant la Republika Srpska".
Milorad Dodik s'est voulu rassurant en déclarant que "la RS n'a aucun désir de mettre en danger les autres nations". Mais il souhaite tout de même plus d'autonomie pour la RS.
Mais vu les très nombreuses concessions accordées par les Accords de Dayton à la République serbe, il n'est objectivement pas possible d'accorder plus d'autonomie à cette "entité" et il faut espérer que les Bosniaques sauront se montrer fermes à ce sujet. En effet, la très grande marge d'autonomie accordée à la RS par les Accords de Dayton est utilisée contre les populations non-serbes qui vivent en RS et qui sont de fait des citoyens en territoire occupé, avec des droits limités.
On le constate au niveau scolaire, où les droits des élèves bosniaques sont systématiquement bafoués; ceci malheureusement avec la complicité de la dite "communauté internationale" et de ses représentants en Bosnie, qui n'ont pas la volonté de faire respecter leurs droits, pourtant inscrits dans les Accords de Dayton.
Nous avons aussi évoqué dans ce Forum le scandaleux blocage de la reconstruction des Bains de Srebrenica de par la volonté de ségrégation de Milorad Dodik, qui ne veut pas que Bosno-serbes et Bosniaques travaillent ensemble : plus de 700 emplois sont ainsi bloqués depuis 4 ans, sans qu'il y ait intervention du Haut-Représentant, censé faire respecter les Accords de Dayton.
En fait, les citoyens de base, l'immense majorité, qu'ils soient Bosniaques, Bosno-serbes, Bosno-croates ou membres des minorités, auraient tout intérêt à pouvoir travailler et vivre ensemble. A quand un soulèvement social convergent, comme initié en février 2014, contre toutes ces divisions entretenues par des politiciens sans scrupule, qui profitent bien de cette situation pour s'enrichir ?
Il faut souligner que des travailleurs issus de diverses communautés savent coopérer en toute intelligence, et même à Srebrenica, ce qui démontre bien l'absurdité des divisions ethniques.
Et tous auraient aussi intérêt à valoriser ensemble cette base de culture commune, qui a ses variantes serbes, bosniaques, croates, monténégrines, macédoniennes et même kosovars; ceci face à la mondialisation anglo-saxonne qui envahit un peu trop le champ culturel européen.
Face aux replis identitaires, qu'ils soient sous pavillon serbe, croate ou même musulman, il est nécessaire de mettre en avant les valeurs communes et la richesse de la diversité.
Le projet de reconstruction d'une République de Bosnie-Herzégovine sur une base citoyenne, démocratique et fédéraliste, respectueuse des apports culturels de chacun, constitue la meilleure réponse aux divisions et risque d'un nouveau conflit.
Le lundi 22 janvier 2018 à 19:10 #24669

9 janvier 2017 : Inquiétants discours à Banja Luka

Ivar
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BHinfo nous apprend que le Ministre de la sécurité en Bosnie-Herzégovine : Dragan Mektic (un Bosno-serbe), dénonce l'apparition en République serbe de deux inquiétantes milices : Srbska cast et Veterani RS qui seraient entrainées sur la base russe de NIS en Serbie.
Ces milices seraient parrainées par Milorad Dodik, ceci dans le contexte des élections de 2018 en Bosnie-Herzégovine. Mais il est probable aussi que ces milices (ou d'autres encore) peuvent jouer un rôle négatif en Serbie, où les camps pro-Union Européenne et pro-Russie sont à quasi égalité.
Le journal Zurnal (BH) donne quelques détails, que j'invite les Bosniaques à nous en faire un résumé.

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