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La Bosnie et la Turquie


Le mardi 16 juillet 2013 à 09:53 #22833

La Bosnie et la Turquie

Ivar
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Inscription : 20 mars 2008
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Je suis tout a fait d'accord avec Krem Banana lorsqu'il dit qu'il faut que les citoyens et peuples des pays de l'ex-Yougoslavie se rapprochent a nouveau, ne serait-ce qu'au niveau des interets economiques. Les puissances exterieures, que se soit la Turquie, la Russie, l'Allemagne ou les USA ont en priorite leurs propres interets.
Ce n'est que dans la periode de Tito que la Yougoslavie a pu acquerir une certaine autonomie, se faire respecter et garder une distance par rapport aux puissances exterieures, dont les interets contradictoires ont domine l'espace yougoslave depuis la chute de l'Empire ottoman.
Le probleme actuel est qu'une partie des ex-pays yougoslaves est maintenant dans l'UE et d'autres pas; ce qui va encore accentuer les disparites. Il est d'ailleurs probable que la Turquie ne va pas integrer l'UE vu que son economie fonctionne mieux que celle de l'Union Europeenne, et qu'il y y a une forte reticence en Europe.
Les deux parties ont interet a trouver un arrangement sous la forme d'un partenariat.
Le vendredi 09 octobre 2015 à 10:18 #24206

La Bosnie et la Turquie

Ivar
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Inscription : 20 mars 2008
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La politique autoritaire d'Erdogan est extrêmement problématique et va plonger la Turquie dans de graves problèmes. La lutte des habitants d'Istanbul pour la préservation du parc Gezi (un des rares espaces verts) est tout à fait légitime et il faut espérer qu'elle sera gagnante. Ceci contre la volonté d'Erdogan d'imposer son projet de centre commercial et de caserne.
En rompant les négociations avec le PKK, Erdogan a commis une grave erreur. En effet, ces négociations étaient sur le point d'aboutir et permettait une coexistence pacifique entre les deux communautés. La rupture des négociations et le déclenchement d'une guerre contre les kurdes et les turcs progressistes aura des conséquences graves.
D'autre part, la non-reconnaissance officielle du génocide des arméniens, constitue une autre grave erreur. Pourtant la commémoration des 100 ans du génocide était un moment favorable pour une telle reconnaissance, qui n'aurait en rien diminué l'image de la Turquie. Bien au contraire.
Le samedi 07 novembre 2015 à 13:21 #24220

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Ivar
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Inscription : 20 mars 2008
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Au cours des élections du 1er novembre, le Parti AKP (Parti de la justice et le développement) d'Erdogan a réussit à obtenir la majorité des sièges au Parlement (pouvoir législatif) avec 317 sièges.
Le HDP (Parti démocratique du peuple) qui avait réussit une percée au cours de l'élection précédente (il y a 5 mois) s'est maintenu au Parlement, avec plus de 10% des voix, mais recule à 59 sièges.
La victoire de l'AKP est surtout due à des moyens financiers importants, à son contrôle sur le 90% des médias (journaux, radios, TV)grâce notamment à la fermeture par la police de radios et TV de l'opposition.
Le HDP a été fondé en octobre 2013 en rassemblant 32 formations politiques et associatives, représentant divers courants et composantes de la société turque et kurde. Le HDP maintient une position en faveur de la paix et du dialogue; ceci malgré la politique belliqueuse d'Erdogan, qui a relancé la guerre contre le PKK.
Cette guerre est absurde et désastreuse et ne sert les intérêts que du clan au pouvoir et des marchands d'armes. En effet, le PKK a respecté une trêve durant plusieurs années afin de permettre aux négociations d'aboutir à une solution de type fédéraliste.
Les membres du PKK ont évolués. Ils ont rompu avec le léninisme pour adopter une positions socialiste autogestionnaire, ce qui est d'ailleurs expérimenté dans le Kurdistan syrien (Rodjava). Par contre, Erdogan et son clan affairiste n'a pas évolué. Il s'enrichissent au détriment de la majeure partie de la population, sous-payée, et conduit maintenant son pays au désastre, après avoir incontestablement contribué à son développement économique. Les électeurs qui ont voté pour son Parti le comprendront tôt ou tard à leurs dépends. En effet, cette escalade militaire ne peut qu'entraîner l'insécurité et donc une baisse drastique du tourisme. Et probablement des dizaines de milliers de morts de part et d'autre. Ceci d'autant plus stupide, que c'était parfaitement évitable.
Le lundi 18 avril 2016 à 00:19 #24307

La Bosnie et la Turquie

narandza
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Inscription : 08 janvier 2016
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Bonjour à tous,
voilà je viens de lire les 9 pages qui forment jusqu'à aujourd'hui ce post "la Bosnie et la Turquie" et je tiens à vous remercier pour vos échanges très fructueux et instructifs, du coup. Perso je n'ai pas trop d'avis ou/et de positionnement à donner sur la question, et il faut dire qu'à côté de vous mon répertoire historico culturel lol est tellement dépourvu. Donc je ne peux que me taire, et lire *
ceci dit, cela dit, au passage, merci.
Le lundi 18 avril 2016 à 08:55 #24308

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Ivar
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Inscription : 20 mars 2008
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Merci pour ce message. Je t'encourage à persévérer dans tes recherches. Par exemple, concernant ce sujet, le gouvernement d'Erdogan a mis sur pied une institution religieuse, financée par l'Etat turc, qui forme des Imans et les envoient dans différents pays, y compris en Suisse.
Or, quelle est l'orientation de ces Imans ? Et ont-ils une marge d'autonomie par rapport à la politique très répressive d'Erdogan ?
Il serait intéressant aussi de savoir qu'elles sont les rapports entre ces Imams et la direction spirituelle des musulmans de Bosnie ? Mais seuls des bosniaques peuvent nous informer à ce sujet. Le débat est relancé.
Le mercredi 23 novembre 2016 à 12:07 #24471

La Bosnie et la Turquie

Ivar
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Inscription : 20 mars 2008
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Depuis cet été, Erdogan a renforcé son pouvoir et instaure une véritable dictature. Le prétexte a été la tentative de soulèvement ratée d'une petite partie de l'armée. Il accuse la confrérie de Gulen (une ex-composante de l'AKP) d'avoir participé à cette tentative. Mais rien n'est prouvé.
Mais ce qui est évident, c'est qu'Erdogan n'a pas supporté que des juges, membres ou proches de cette confrérie, aient mis en état d'arrestation de ses proches, pour corruption, notamment dans des histoires immobilières.
C'était donc clairement une ingérence inadmissible du pouvoir étatique pour empêcher le travail de la Justice, la poursuite des enquêtes et les jugements qui s'imposaient.
Dans cette quête de pouvoir absolu, il a aussi rompu les négociations avec les kurdes, rompant ainsi la trêve avec le PKK, qui avait duré trois ans. Des villes kurdes ont été assiégées, beaucoup d'habitants tués et des anciens quartiers détruits. Au lieu d'un rapprochement et donc d'un développement social et économique qui puisse profiter à tous, c'est au contraire une descente dans vers le chaos et le risque d'une guerre civile.
Afin d'écarter toute possibilité de lutte citoyenne non-violente , la voie sur laquelle s'était engagée le PKK, Erdogan veut éliminer le Parti HDP, dirigé par un jeune avocat kurde, mais qui comprend de nombreux turcs progressistes dans ses rangs. Ce Parti, en remportant 10% des sièges avait empêché l'AKP Erdogan d'obtenir une majorité absolue.
En tant que chef de l'Armée turc (poste qu'il a accaparé en jetant en prison les principaux généraux)il souhaite pousser les kurdes et autres opposants à tomber dans le piège d'une confrontation armée généralisée. C'est là un projet démoniaque, qui va faire basculer la Turquie dans une dictature et une guerre, qui sévit déjà en Irak et en Syrie.
La prochaine étape sera l'attaque du Rojava (Kurdistan syrien), où existe depuis quelques années un processus extrêmement intéressant de mise en oeuvre d'une démocratie participative : le Confédéralisme démocratique, sous l'impulsion notamment des femmes, mettant ainsi en cause le patriarcat, forme de domination qui sévit dans tout le Moyen-Orient. D'autres minorités et des communautés arabes ont rejoint cette démarche, ce qui constitue un danger pour toutes les dictatures de cette région du monde.
Ce n'est donc pas un hasard si Erdogan se rapproche de Poutine et du Groupe de Shanghai (Chine, Russie, Kazakstan, Ouzbékistan, Turkménistan) et qu'il s'éloigne de l'Union européenne.
A terme, il va former un bloc avec les autres dictateurs de la région, y compris Bachar El Assad.
Dans cette dérive, qu'elles seront les incidences pour la Bosnie-Herzégovine ?
Si une grande partie du peuple turc se sent proche des bosniaques (il y a d'ailleurs une importante communauté bosniaque en Turquie), il ne faut plus compter sur le gouvernement d'Erdogan.
Le mercredi 15 mars 2017 à 23:47 #24538

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Ivar
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Une nouvelle preuve des graves dérapages d'Erdogan est donnée ces jours dans le cadre du contentieux avec la Hollande. Comme plusieurs autres pays, dont l'Allemagne, les autorités néerlandaises ont refusé que des proches d'Erdogan tiennent des meetings aux Pays-Bas pour convaincre la diaspora turc en Hollande de voter pour changer la Constitution turc dans le sens d'un pouvoir dictatorial.
Les pays européens réagissent en effet contre la dictature qui se met en place sous le prétexte de la tentative de coup d'état de juillet 2016. Il y a des centaines de milliers de turcs et kurdes pourchassés et emprisonnée, notamment les membres de la confrérie Gulen (qui avaient dénoncé la corruption du régime) et les membres du HDP qui luttait pour un rapprochement entre turcs et kurdes avec un projet de confédéralisme démocratique.
Il accuse maintenant les Casques bleus hollandais déployés en petit nombre à Srebrenica d'avoir commis le génocide de Srebrenica, massacrant plus de 8000 hommes et adolescents. Cette accusation est d'autant plus ahurissante que les services turcs savent très bien ce qui s'est passé.
En effet, si l'on peut reprocher à un certain nombre de soldats hollandais un comportement de collaboration avec Mladic et ses sbires en contribuant à la recherche de quelques centaines d'hommes qui ont ensuite été massacrés par les Tchetniks serbes, il faut relever que d'autres soldats hollandais ont au contraire refusé toute collaboration et ont tenté de raisonner leurs collègues. Parmi eux un médecin hollandais qui a soigné beaucoup de Bosniaques à l'insu de sa hiérarchie et qui participe à la Marche pour la paix.
Il faut rappeler que la très grande majorité des 8370 victimes du génocide n'ont pas été exécutés à Srebrenica, mais au long du parcours de la colonne de 14'000 hommes qui a quitté Srebrenica en direction de Nezuk au soir du 11 juillet. Les massacres successifs sont le fait des forces serbes commandées par Mladic et non pas les soldats hollandais.
Ce n'est d'ailleurs pas la Hollande qui a décidé d'abandonner la défense de la "zone de sécurité" de Srebrenica et de Zepa, mais les dirigeants étasuniens, anglais et français (avec nt. le général Janvier).
Le discours haineux et manipulatoire d'Erdogan va malheureusement susciter encore plus de confusion au sujet du génocide de Srebrenica. Paradoxalement, il innocente les fascistes serbes qui ont commis l'agression et un génocide en Bosnie-Herzégovine entre 1992 et 1995. Et il crée la confusion en accusant l'Europe, où "l'esprit fasciste" serait selon lui "débridé"...
S'il y a effectivement un travail de prise de conscience à mener en Europe pour faire reconnaître la complicité qui s'était instaurée entre certains gouvernements (dont celui de Mitterand) avec les génocidaires ultranationalistes serbes, il faut relever qu'une partie de la société civile en Europe s'est au contraire solidarisé avec les résistants Bosniens (en majorité Bosniaques, mais avec aussi des citoyens croates et serbes de Bosnie, dont le général Jovan Divjak.
Le jeudi 15 mars 2018 à 22:39 #25252

La Bosnie et la Turquie

Ivar
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Il est quand même très regrettable pour les Bosniaques de constater la dérive autoritaire, à la fois islamiste et nationaliste, de la Turquie avec Erdogan. Il a imposé une rupture des négociation de paix avec le PKK alors qu'un accord était prêt d'aboutir. Ceci pour s'attaquer au Parti turco-kurde du HDP qui avait obtenu le quorum aux élections et qui menaçait la majorité absolue de son Parti qu'Erdogan voulait imposer à ses compatriotes.

Comme nous étions plusieurs à le redouter (voir mon message ci-dessus du 23 novembre 2016)il s'attaque maintenant au Rojava syrien, qui a développé un modèle social anti-patriarcal et fédéraliste aux antipodes du modèle vertical qu'il veut imposer. Un modèle qui fascisant qui a tendance à prendre le dessus non seulement au Moyen-Orient et en Russie, mais aussi dans de plus en plus de pays européens, sans oublier les USA avec Donald Trump.

L'agression menée par les forces turques contre le Canton d'Afrin depuis le 20 janvier utilise le faux prétexte qu'une "organisation terroriste" se développe au sud de la frontière turque avec le PYD (Fédération du Rojava syrien (en majorité kurde). Or, les PYD n'a jamais eu l'intention d'attaquer la Turquie, sachant précisément qu'il fallait éviter un conflit frontal; ceci n'excluant pas une confrontation au niveau des options politiques, comme cela se passe dans toutes les démocraties.

Le modèle social développé au Rojava démontre concrètement que des communautés et donc minorités différentes peuvent s'entendre pour développer un avenir commun. Et c'est précisément ce que ne veulent pas les dictateurs du Moyen-Orient et la plupart des dirigeants des grandes puissances, peu enclins à partager leur pouvoir. Il n'est donc pas étonnant qu'ils laissent Recep Erdogan mener cette offensive sur Afrin qui pourrait se traduire en un génocide.

Il y a des parallèles entre le siège d'Afrin et celui de Sarajevo : la population piégée dans un espace restreint, privé d'eau et d'électricité et petit à petit d'espoir de survie, ceci à cause de l'ennemi aux portes, mais aussi à cause de la passivité des grandes puissances et de l'ONU. Au moins en Bosnie-Herzégovine, il y a eu en novembre 1992 (6 mois après l'agression par les forces serbes) interdiction par l'ONU de tout survol du pays par l'aviation serbe. Pourquoi une telle interdiction n'est-elle pas imposé au gouvernement turc ?

En outre, il est inquiétant de constater le peu de mobilisation des citoyens de nos pays dans les manifestations en faveur de la résistance d'Afrin et du Rojava syrien, qui peut s'expliquer par trois facteurs :
- le silence des gouvernements et des grands médias,
- le recul des mouvements citoyens et du militantisme (par rapport à mai 68).
- le repli des communautés kurdes dans nos pays, qui sont comme les Bosniaques, par les effets de ce repli, incapables de communiquer avec les mouvements potentiellement solidaires qui existent dans nos pays.

Ce constat devrait au moins servir de leçon aux Bosniaques de la diaspora : des manifestations qui ne regroupent quasi que des Kurdes et leurs drapeaux, ont peu d'impact sur la population et donc sur les gouvernements. Cela signifie un travail de relationnement et d'explication à long terme, et pas au dernier moment...
Le mercredi 27 novembre 2019 à 22:45 #26027

La Bosnie et la Turquie

Ivar
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En soutenant, au côté d'autres dirigeants des grandes puissances, l'agression du Rojava menée par les forces turcs commandées par Recep Erdogan, Bakir Isetbegovic nous a beaucoup déçu.
En effet, comment un dirigeant d'un peuple qui a subi un "nettoyage ethnique" il y a 25 ans, peut soutenir un autre "nettoyage ethnique" ?

Car le prétexte invoqué, la sécurité de la Turquie, constitue une tromperie. En effet, c'est Erdogan lui-même qui a rompu les négociations de paix avec les Kurdes de Turquie, fait emprisonner des dizaines de milliers de Kurdes, avec la volonté d'éradiquer leur culture millénaire. Avec cette dérive dictatoriale qui touche aussi une grande partie de la population turc, ce pays ne pourra pas être en paix et en sécurité.

Si Erdogan a obtenu le soutien de Trump et autres dirigeants et dictateurs de la région, c'est qu'ils sont tous unis par la même volonté d'éradiquer le modèle social autogestionnaire et anti-patriarcal que les Kurdes du Rojava étaient en train de réaliser avec le concours des autres minorités fédérées.

Ce modèle de démocratie participative, où les femmes ont joué un grand rôle, constituait à terme une menace pour tous les régimes autoritaires de la région, et certainement au-delà. Leur source d'inspiration était un anarchiste écologiste américain, Murray Bookchin (que j'ai connu en 1971 lors de mon 1er voyage aux USA),
avec notamment son livre sur le "municipalisme libertaire".
En effet, beaucoup de révolutionnaires kurdes ont rompu avec le marxisme-léninisme et ont cherché un autre modèle, qui s'inspire du communisme libertaire et donc des collectivités autogérées mis en œuvre dans la révolution espagnole de 1936-39 : une expérience remarquable, mais mal connue dans nos pays. Un autre auteur, Gaston leval (que j'ai également connu) en a décrit le fonctionnement et les remarquables réalisations par la mise en commun volontaire des ressources et des capacités de chacun.

Il faut espérer que la partie du Rojava qui n'a pas été envahie par l'armée turc et ses supplétifs djihadistes, pourra poursuivre le développement de ce modèle social, malgré tous les obstacles.
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